Trois menaces sur la Suisse

Le chômage est bas, les syndicats revendiquent déjà des augmentations massives de salaires, la crise économique semble oubliée. Pourtant, les apparences sont trompeuses, car trois menaces pèsent sur la Suisse: un franc fort, une énergie chère et une augmentation du prix de la main-d’œuvre. Le réveil risque d’être douloureux.

La première menace est le franc fort. Il va rester fort encore longtemps, car la Suisse, grâce à l’ancien ministre des Finances Hans-Rudolf Merz, a remboursé ses dettes, alors que dans l’Union européenne et aux Etats-Unis, il y a un laisser-aller financier. L’économie commence déjà à transférer des postes à l’étranger.

La deuxième menace vient de la sortie précipitée du nucléaire voulue par le centre-gauche. Le président du PDC a annoncé au Parlement: «L’avenir commence aujourd’hui!» Il a sonné le départ des secteurs industriels à l’étranger. A cause des augmentations ded prix du gaz, du mazout ou de l’électricité imposées par la conseillère fédérale Doris Leuthard, ils ne produisent plus à 100% en Suisse.

La troisième menace est l’attaque de l’UDC contre la libre circulation des personnes. On est prêt à risquer une dénonciation des bilatérales, qui permettent pourtant à des travailleurs européens qualifiés et désireux de s’intégrer de venir dans notre pays. Au lieu de cela, l’UDC veut à nouveau instaurer une loterie bureaucratique avec des contingents de travailleurs étrangers. Produire en Suisse coûtera encore plus cher. Que peut faire notre pays pour faire face à ces trois menaces?

Le subventionnisme pour l’assainissement des bâtiments ou pour l’installation de panneaux solaires n’est pas la bonne voie, car elle est trop chère

La cherté croissante des coûts de l'énergie menace la Suisse; ici, un site de production à Langenthal (BE).

Le franc: une cure de fitness pour la place économique suisse! L’activisme et le subventionnisme ne servent à rien. A la place, faisons de nécessité vertu et attaquons-nous de manière radicale aux coûts, afin de soulager les entreprises suisses à long terme et de manière efficace. Pas de sanction contre les pendulaires – nous avons besoin d’un marché du travail mobile. Une TVA unique et une réforme de l’imposition des entreprises, afin de les soulager. Une table ronde entre la Confédération et les cantons pour mettre fin à la bureaucratie, afin que les PME produisent au lieu de remplir des formulaires. De nouveaux accords de libre-échange, par exemple avec la Chine, afin d’ouvrir des marchés pour les produits suisses.

L’énergie: plus de marché et de technologie et moins de taxes et de subventions! La Suisse doit rester à l’avenir l’un des  pays les moins chers de l’OCDE en matière de prix de l’électricité. Le subventionnisme pour l’assainissement des bâtiments ou pour l’installation de panneaux solaires n’est pas la bonne voie, car elle est trop chère.  Des règlementations sévères sur les produits et les bâtiments sont préférables, ainsi qu’une libéralisation du marché de l’électricité et des investissements dans un meilleur réseau électrique, afin que les consommateurs aient vraiment accès aux énergies renouvelables. Les citoyens ont entendu assez de belles paroles ces dernières semaines: ils sont maintenant en droit d’exiger des actes.

Les bilatérales: s’intéresser aux vrais problèmes! Si l’on veut renégocier la libre circulation des personnes, il faut être prêt à faire des concessions douloureuses au sujet du secret bancaire ou de la transposition du droit de l’UE.  Pour le PLR, le prix à payer est trop cher. A la place, les conseillères fédérales compétentes doivent enfin s’attaquer résolument au problème des réfugiés économiques et limiter le regroupement familial des pays tiers. Car des abus dans ces domaines mettent en danger la libre circulation des personnes.

Notre pays va bien. Mais la politique joue avec le feu et met en danger l’emploi, la prospérité et la stabilité. Nous ne devons pas l’accepter – par amour pour la Suisse.