NON à la dérive « autophobe »

Personne ne conteste la nécessité d’entretenir et de développer le réseau ferroviaire suisse, en particulier en Suisse romande, tout comme personne ne contestait la nécessité d’entretenir et de développer les autoroutes. Ce qui fut contesté avec la vignette et ce qui est critiqué aujourd’hui à propos du FAIF, c’est une dérive politique « autophobe » qui consiste à faire passer toujours les mêmes à la caisse.

Les automobilistes sont devenus les vaches à lait de la Confédération et des cantons, le rail est condamné aux déficits chroniques.

Le FAIF est une forme de racket fiscal des seuls travailleurs automobilistes

Le FAIF est une forme de racket fiscal des seuls travailleurs automobilistes

Contrairement au trafic routier rentable au point que les automobilistes sont devenus les vaches à lait de la Confédération et des cantons, le rail est condamné aux déficits chroniques et doit mendier son pain à l’extérieur du cercle de ses utilisateurs. Les augmentations annuelles et programmées du prix des billets, dont certains craignent qu’elles conduisent à détourner les usagers du rail vers la route, ne suffiront pas à couvrir l’augmentation des coûts de fonctionnement, sans parler des nouveaux investissements que le Conseil fédéral n’imagine pas financer autrement que par de nouveaux impôts.

C’est dans ce contexte que le Financement et Aménagement de l’Infrastructure Ferroviaire (FAIF) soumis au peuple le 9 février prochain vise à inscrire dans le marbre constitutionnel un fond de durée indéterminée destiné à drainer chaque année vers le rail cinq milliards de ressources fiscales à puiser dans les poches des usagers de la route et celles des contribuables  que nous sommes tous. Ce cocktail fiscal se compose en effet d’une dose d’impôt fédéral et d’impôts cantonaux, d’une dose de taxe sur les carburants et de redevance poids lourds, d’une augmentation « provisoire » de la TVA jusqu’en 2030, le tout assaisonné au racket fiscal des seuls travailleurs automobilistes désormais imposables sur des revenus qu’ils n’ont pas acquis puisqu’une partie importante de leur frais effectifs de transports ne pourront plus être déduits. Cette dernière mesure est particulièrement révélatrice de la logique perverse qui anime tout le projet : prendre à ceux qui n’ont pas pour donner à ceux qui ont déjà. Les habitants des régions périphériques et de montagne qui ne bénéficient pas d’une bonne desserte de transports et doivent recourir à leur voiture devraient payer plus et sans contreparties en faveur des habitants des grand centres urbains déjà bien desservis en transports publics et à qui bénéficiera le FAIF. C’est Robin des Bois à l’envers.

Le parlement, qui sait très bien qu’en dépit de ces sacrifices inégalement répartis, le rail ne pourra jamais absorber une part prépondérante des besoins de transports du pays qui continueront à reposer sur la route (83%), a pourtant décidé de porter à 6,4 milliards un projet d’investissement devisé au départ à 3,5 milliards et de lier ces investissements avantageux pour les grands centres urbains où se trouve de nombreux votants à système de pompage à long terme des ressources de la route. Le vote du 9 février vise à donner un fondement démocratique durable à une politique « autophobe »  dont le parlement sait très bien qu’elle est en fait contestée par la majorité des suisses en colère.

C’est à cela qu’il faut dire NON.